Une maison bâtie sur le roc

07.06.2026

L'«Inclusion day» – ou, comme on l’appelait autrefois, le «Handicap day» – s’est déroulé cette année encore à Bülach. Ils sont venus de toute la Suisse en ce 7 juin ensoleillé et chaud: petits et grands, jeunes et moins jeunes, frères et sœurs avec ou sans handicap, avec leurs proches, leurs aidants, leurs amis. Une grande fête familiale, à la fois unique et pourtant si naturelle.

Ce lieu de rencontre chaleureux est si particulier parce que, malgré des situations de vie très différentes, nous sommes tous unis par un même lien d’amour: l’amour et la confiance envers notre Père céleste, envers Jésus-Christ. Un regard dans les yeux, une étreinte ou une poignée de main pleine de compassion suffisent souvent pour voir, ressentir et partager l’amour de Dieu.

Dès l’entrée, les invités ont été accueillis par de nombreuses photos, choisies avec amour et accrochées par le comité d’organisation. «Dieu t’aime», pouvait-on lire sur l’une des affiches. Les nombreux bénévoles ont choyé les invités dès leur arrivée en leur offrant du café et de la tresse. Pour de nombreuses familles, le programme était déjà un véritable bienfait. Tout le monde a pu arriver en toute tranquillité à 10 heures, saluer les frères et sœurs et se préparer pour le service divin de 11 heures.

L’apôtre Christophe Domenig, de Suisse romande, a traité une parole biblique tirée du sermon sur la montagne, Matthieu 7:24-25: C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc.

L’apôtre a commencé sa prédication par ces paroles pleines de force: «Dieu veut venir vers toi aujourd’hui et te donner quelque chose». Il a souligné combien il est important de bâtir sa foi sur des fondations solides, sur le roc et non sur le sable. Jésus est le roc. Il nous apporte la sécurité. Au sens figuré, l’Évangile nous protège de la tempête et de la grêle, de la pluie et des glissements de terrain. Outre les fondations, la méthode de construction est également importante pour résister à la tempête. Il y a une différence entre une maison construite en paille et une maison construite en briques. Les briques sont fixées avec du mortier. Le mortier symbolise l’amour. L’amour de Dieu relie les «éléments de construction» et maintient l’ensemble.

C’est surtout en montagne qu’il arrive qu’une importante charge de neige pèse sur les toits. Cela peut devenir dangereux pour la maison et pour les personnes qui se trouvent autour. Notre cœur doit parfois lui aussi se libérer d’un fardeau. Chaque âme a la possibilité, lors du service divin, de se libérer de ce fardeau et d’être purifiée. Pour avoir la force nécessaire à cela, nous devons sans cesse rechercher la réconciliation. Lorsque nous sommes encore en conflit avec quelqu’un, la force nécessaire pour continuer à construire fait souvent défaut. Jésus aimait se rendre à Béthanie. Il y trouvait une paix particulière. Tout comme des experts sont responsables de la construction du temple extérieur (par exemple, l’église de Bülach), nous sommes également responsables de notre temple intérieur. Le bâtiment est-il encore solide? Présente-t-il des fissures?

Devant l’autel se dressait un mur constitué d’énormes briques Lego multicolores. Une maison en Lego a elle aussi besoin de fondations solides. Elle repose sur une planche pour ne pas s’effondrer. L’apôtre a rappelé à la communauté: tout comme chaque brique Lego est importante, chaque membre de la communauté est important et précieux.

Lorsque l’évêque André Weidmann a été appelé à collaborer, une jeune sœur a lu une histoire tandis que d’autres membres de la communauté apportaient de grandes briques Lego vers l’avant. C’est ainsi qu’un mur encore plus grand et coloré s’est formé devant l’autel. Cette intervention était accompagnée d’un doux et délicat son de cloche. L’évêque était visiblement ému. Il a souligné à quel point ce bref moment de proximité l’avait touché. Tout comme un car scolaire vient chercher les enfants, Dieu vient nous chercher là où nous sommes. Mais nous devons monter dans le car. Dieu souhaite passer du temps avec nous. Il est toujours là pour nous et nous aime. Parfois, nous demandons à Dieu de changer le cours d’une situation donnée. Cela ne fonctionne pas toujours. Peut-être nos attentes sont-elles trop élevées? Pour Dieu, ce ne sont pas les choses terrestres qui comptent avant tout, mais notre âme. Sans eau, nous ne pouvons pas construire. Jésus veut «arroser» notre âme et la purifier du péché. Si nous nous laissons libérer, Dieu peut alors nous bénir.

Après ce repas spirituel, les nombreux bénévoles de la communauté de Bülach et de la jeunesse attendaient les participants au buffet et ont régalé les quelque 120 personnes présentes avec des salades colorées, un délicieux gratin de pommes de terre, du jambon et du fromage d'Italie.

Après le repas, une conférence intéressante a eu lieu dans la salle de l'église, animée par le Dr Daniel Brenner, médecin spécialiste en psychiatrie et psychothérapie et évangéliste de district à la retraite, sur le thème de la «résilience». Il a établi un lien entre ses travaux scientifiques et la foi chrétienne. La prière de la sérénité de Reinhold Niebuhr résume magnifiquement ce thème: «Mon Dieu, donne-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne peux pas changer, le courage de changer celles que je peux changer, et la sagesse d’en distinguer les unes des autres.» Pour les accompagnateurs de personnes en situation de handicap en particulier, cette remarque sur la prise en charge de soi s’est avérée très précieuse : «Si tu le peux, aide-moi de toute ta générosité; sinon, ménage-toi» (extrait de Les coupes de l’amour de Bernard de Clairvaux).

Comblés de satisfaction et richement comblés, nous nous sommes dit au revoir et nous nous réjouissons d’ores et déjà de nous revoir.